Démolition : le guide complet

Tout bâtiment à travers le monde passe par un certain nombre d’étapes, depuis sa construction jusqu’à sa fin de vie. Cette dernière intervient généralement au bout d’un certain nombre de décennies ou de siècles, pour des raisons variables, dont le vieillissement des matériaux, la fragilisation de la structure, le manque d’entretien, voire la survenue d’un accident ou d’une catastrophe naturelle.

La durée de vie d’une construction dépend également de la nature même du bâtiment. Ainsi, ce cycle de vie n’est pas le même pour les ouvrages d’art, les œuvres modernes, les sites protégés ou les vestiges du passé.

Cette notion de durée de vie d’une structure bâtie est souvent en rapport avec les termes et obligations des assureurs, et elle s’affiche conjointement aux concepts de développement durable. Ainsi, dans certaines situations, la construction peut devenir impropre à l’habitation ou dangereuse, et nécessiter une opération importante de renouvellement liée à l’urbanisme, ou de modernisation des matériaux. Il est alors utile dans ces cas de penser à démolir la structure, en utilisant le matériel et les techniques adéquates.

Démolition et déconstruction, définition et principes

Lorsqu’un bâtiment atteint un état avancé de délabrement, il peut être difficile de le rénover, car les travaux risquent d’être complexes et extrêmement coûteux. Dans ce cas, la déconstruction s’impose comme la meilleure alternative.

La démolition d’un bâtiment consiste à le démanteler ou le détruire en utilisant des techniques et des méthodes bien contrôlées. Le processus de déconstruction inclut l’opération de démolition elle-même, mais aussi l’étape de tri, de valorisation et de réutilisation des matériaux ou déchets issus de cette démolition.

Ainsi, il est important de rappeler que cette gestion des déchets est une obligation légale que chaque maître d’ouvrage doit prendre en considération, dès lors qu’il est à l’origine de la production de ces substances ou matériaux. En effet, jusqu’à très récemment, la notion de démolition n’intégrait pas la valorisation des déchets pour une éventuelle réutilisation, mais elle s’arrêtait à leur mise en décharge. Désormais, on parle plus de déconstruction que de démolition, pour inscrire la filière dans une démarche plus écologique.

La déconstruction tient compte du cycle de vie des matériaux, en donnant une seconde vie aux déchets produits par la démolition. Il s’agit d’une opération complexe, qui nécessite une organisation méticuleuse, incluant le choix de la méthode et du matériel, la préparation du site, ainsi que la sécurisation du voisinage et les diagnostics préalables. Le processus de démolition doit également intégrer toutes les dispositions assurant la sécurité des opérateurs et la prévention de la pollution liée à la production de poussière.

La démolition peut être soit totale soit partielle. Cette dernière option est sélective, elle consiste à démolir une partie d’un bâtiment, de l’intérieur ou de l’extérieur, en tenant compte des contraintes de conservation ayant été établies.

Les techniques utilisées pour la démolition dépendent de l’emplacement de l’édifice, de sa hauteur, et des matériaux qui composent sa structure. Le procédé de déconstruction peut être manuel, mécanique, par découpage, en utilisant des explosifs ou par expansion.

Quelles sont les démarches et réglementations liées à la démolition ?

Le processus de déconstruction est régi par des réglementations bien rigoureuses, à commencer par la demande d’un permis de démolir, que ce soit pour une démolition totale ou partielle. La requête doit être déposée auprès de l’administration de la commune concernée, et le permis de démolir est attribué pour une durée de validité de trois ans.

Le permis de démolir est obligatoire si le terrain se trouve aux environs d’un site protégé, selon le plan d’urbanisme local, ou si le bâtiment est répertorié parmi les monuments historiques. Dans le cas d’une démolition suivie d’une reconstruction au même endroit, le permis de construire est suffisant pour les deux opérations au même titre.

Le dépôt d’un permis de démolir ne peut être effectué que par le propriétaire du site, une personne autorisée par le propriétaire ou un agent d’exploration de terrain, dans le cadre d’une cause d’utilité publique.

Par ailleurs, il convient toujours de vérifier l’état des réseaux d’électricité, de gaz et d’eau présents dans l’ouvrage, avant de procéder à sa déconstruction. La zone qui comporte le bâtiment à déconstruire doit également être bien clôturée, afin d’interdire les entrées intrusives et d’éviter de mettre en danger la vie des passants.

De même, l’entreprise chargée du projet est dans l’obligation d’informer les habitants, et de ranger convenablement tout le matériel utilisé dans un conteneur de stockage.

Un diagnostic de plomb et d’amiante doit aussi être effectué avant de procéder à la démolition, afin de préserver la sécurité sanitaire des opérateurs et des habitants du quartier. La délivrance de ce permis de démolition est souvent assujettie à la réalisation de ce type de diagnostic.

Démolir un mur, spécificités et démarches particulières

Dans le cadre de travaux de rénovationil peut être utile de démolir un mur, souvent pour agrandir un espace de vie, pour installer une nouvelle porte ou pour aménager une cuisine ouverte sur le salon. La démolition d’un mur est une opération délicate, qui ne doit pas être prise à la légère, et il est donc essentiel de se poser certaines questions avant d’entamer les travaux.

La première étape cruciale est de vérifier si le mur à démolir est porteur ou nonUn mur porteur est une cloison qui supporte la structure du bâtiment, ainsi que son poids, et il faut généralement éviter de le démolir.

C’est l’épaisseur du mur qui est le meilleur indicateur sur le fait qu’il soit porteur ou pas. Il suffit alors de porter un coup dans le mur pour savoir s’il est en béton ou s’il s’agit d’une simple cloison en plâtre, en fonction du bruit produit. Un son creux indique en effet la présence d’une simple cloison et non d’un mur porteur.

D’une manière générale, il est toujours recommandé de faire appel à un professionnel, pour identifier la nature du mur et éviter de se tromper en démolissant une paroi porteuse.

Avant d’entamer la démolition, et après avoir identifié les murs porteurs, il est essentiel de demander certaines autorisations :

  • Si c’est un locataire qui veut démolir un mur, il doit demander l’accord de son propriétaire pour réaliser une modification dans le logement
  • Si c’est le propriétaire de la maison, il doit déposer une demande pour un permis de construire, si les travaux visent à rendre la surface habitable,
  • S’il s’agit d’un appartement, le propriétaire doit consulter le règlement de la copropriété,
  • Si la démolition concerne un mur porteur, alors un bureau d’études doit intervenir dans l’attribution de l’autorisation de travaux.

Démolir un mur porteur est une opération qui doit s’accompagner de certaines précautions, comme vider la pièce, la calfeutrer pour éviter la poussière dans le reste de la maison, prévoir une benne pour les gravats, et se doter d’équipements de sécurité pour le visage et le corps. Dans tous les cas, il est toujours recommandé de faire appel à un professionnel de la construction, pour ne pas prendre de risques, notamment liés à l’effondrement d’un mur lorsqu’il est porteur.

Quelles sont les méthodes de démolition ?

La technique de démolition à mettre en œuvre dépend des caractéristiques du bâtiment, incluant l’emplacement, la nature du site environnant, ainsi que la volumétrie de l’ouvrage. Il existe deux grandes catégories de démolition, à savoir la démolition manuelle et la démolition mécanique.

La démolition manuelle n’utilise pas d’engins mécaniques, mais nécessite l’installation d’échafaudages et de bâches. Cette technique peut se faire soit par dérasement soit par sapement.

La démolition manuelle par dérasement

La démolition manuelle par dérasement consiste à abattre le bâtiment en commençant par le haut et en allant vers le bas. Cette méthode est généralement employée lorsqu’il s’agit de réduire la hauteur de l’ouvrage, sans détruire ses fondations, par exemple lors d’une restauration partielle. Le dérasement permet de démolir en faisant tomber une quantité limitée de gravats et de pierres.

La démolition manuelle par sapement

La démolition manuelle par sapement consiste à détruire l’édifice en partant du bas vers le haut, en attaquant en premier lieu les fondations. A chaque étape, une partie de la base de l’ouvrage est enlevée, et des cales sont interposées jusqu’à ce que l’ensemble du bâtiment soit soutenu uniquement par les cales. Ces dernières sont alors retirées, et l’édifice s’effondre. Il s’agit d’une méthode dangereuse, qui n’est plus vraiment utilisée.

La démolition mécanique à la pelle

La pelle mécanique hydraulique est utilisée pour ébranler les fondations d’un édifice en le frappant, en le poussant et en le tirant. Pour démolir des murs porteurs, ou tout autre bâtiment en briques, c’est une pelle à godet qui est utilisée. Cette pelle est idéale pour à la fois démolir et charger la benne avec les gravats produits. Quant aux travaux secondaires, comme la destruction des blocs de pierre, ils nécessitent l’usage de crocs à béton.

La démolition à la pelle mécanique peut se faire soit par traction, en tirant l’ouvrage, soit par découpage, en croquant progressivement le béton. Dans tous les cas, la destruction se fait en partant du haut vers le bas, et ce pour assurer la sécurité des intervenants.

De nombreux accessoires peuvent équiper une pelle mécanique, comme le broyeur à béton, la cisaille à ferraille pour sectionner le métal, ou la pince de tri pour une démolition et un tri plus précis. La pince de démolition peut être dotée d’une mâchoire en U ou en S, son utilisation est indiquée lorsqu’il s’agit de broyer des structures en béton armé ou en acier.

La démolition mécanique avec un bulldozer ou bouteur

Doté d’une lame mobile orientable, le bulldozer de démolition est utilisé pour faire tomber des édifices de moins de 3 mètres de haut. Il s’agit d’un engin capable d’altérer les fondements d’un bâtiment pour qu’il s’effondre.

La démolition mécanique avec une pince de démolition

La pince de démolition est généralement utilisée pour réaliser des travaux de finition. Des mâchoires de tailles différentes viennent compléter le bout de la pince, pour lui permettre de broyer, couper et séparer les matériaux qui composent la structure.

La démolition mécanique par découpage

La méthode de démolition par découpage est utilisée notamment dans le cadre d’une déconstruction partielle, au moyen d’outils pointus comme la scie ou le diamant. Le découpage des matériaux épais et durs se fait à l’aide de diamants synthétiques, alors que les équipements à diamants sertis sont adaptés au découpage de matériaux plus souples.

Il s’agit d’une technique de démolition très précise, qui permet de réduire les projections de gravats et de limiter les vibrations pouvant arriver jusqu’au voisinage. Il existe également une méthode démolition par découpage appelée hydrodémolition, qui consiste à projeter sur l’édifice un jet d’eau sous haute pression.

La démolition mécanique à l’explosif

La démolition à l’explosif est une méthode adaptée à la destruction rapide d’un ouvrage haut de plusieurs mètres ou d’un grand nombre d’étages. Il s’agit d’une technique dangereuse, qui doit être réalisée par une entreprise de démolition qualifiée.

Des règles strictes de sécurité doivent en effet être respectées, pour éviter les risques d’éboulement ou de projection pouvant être à l’origine d’accidents graves.

Solution de démolition économique, cette technique peut utiliser soit des explosifs brisants à base de nitrate, soit des explosifs progressifs, comme la poudre noire.

La démolition mécanique par expansion

La démolition par expansion utilise des matériaux expansifs, qui sont injectés dans les murs de l’édifice pour créer des fissures et faire tomber la structure.

La démolition mécanique par « brokk »

Le brokk est un équipement télécommandé posé sur des chenilles et des pieds de stabilisations. Outil de démolition puissant, il est doté d’un moteur électrique qui permet de limiter les bruits et de réduire les émanations de gaz. Cet engin est adapté à la destruction des bâtiments difficiles d’accès.

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